
Implanté dans la Balagne entre mer et collines, le village d’Aregno, appelé Aregnu en corse, s’étend sur des siècles d’histoire. Le territoire était déjà occupé à l’époque romaine et a conservé des traces de cette présence ancienne dans certaines constructions.
Au Moyen Âge, Aregno formait le centre d’une piève (territoire administratif et religieux) importante, participant à l’organisation du comté de Balagne. Le village s’est développé autour de ses constructions religieuses et de ses maisons anciennes, dont certaines témoignent encore de la prospérité de leurs propriétaires d’autrefois.
Aujourd’hui, en plus de son histoire millénaire, Aregno entretient ses traditions agricoles et rurales, comme en témoigne la foire de l’amandier, manifestation annuelle qui célèbre l’amande et les savoir‑faire locaux.
Le village d’Aregno bénéficie d’un environnement naturel remarquable, typique de la Balagne, où se mêlent collines verdoyantes, vergers et vastes étendues méditerranéennes. La plaine qui s’étend en contrebas présente des panoramas ouverts vers la mer, ponctués d’amandiers, d’oliviers et d’agrumes, emblèmes du terroir local et traces vivantes de l’activité agricole traditionnelle.
Les reliefs autour du village invitent à la randonnée et à l’exploration à pied, à vélo ou à cheval. Les sentiers serpentent à travers le maquis corse, dévoilant une grande diversité de végétation, des plantes aromatiques aux chênes verts, offrant des points de vue sur la Balagne, la mer et les montagnes de l’intérieur.
Dans les zones plus naturelles, les milieux ouverts et semi‑ouverts sont propices à l’observation de la faune et de la flore méditerranéennes. Le climat doux et ensoleillé de la région favorise une végétation variée et des paysages changeants selon les saisons, faisant d’Aregno une destination où la nature se découvre dans toute sa richesse et sa diversité.
Vraisemblablement créée en 1874 (date est gravée à droite de l’entrée principale) par Henry Franceschini. Celui‑ci est négociant à Aregnu. Elle est fermée par un mur d’environ 4 mètres de hauteur, s’étend sur une superficie de 3 800 m2. L’intérieur est formé de plusieurs terrasses de cultures. Des réservoirs sont installés dans la partie la plus élevée de la propriété et un système d’irrigation relativement sophistiqué permettait l’alimentation en eau de chaque terrasse.
Dès le XVIIIe siècle, la culture des orangers est associée à Aregnu. Cette production est réputée : Jean de La Rocca écrit au milieu du XIXe siècle, que les oranges « sont d’une douceur, d’une finesse, d’une supériorité incontestables » ; l’abbé Galetti, en 1863, que « Les oranges d’Aregno passent pour être les meilleures de toute l’île » . Leur réputation est telle que Napoléon aurait consommé des oranges d’Aregno. La documentation évoque plus particulièrement la propriété Giardino située à l’entrée du village. Selon une publication d’Alexandre Arman, les orangers d’Aregno seraient les plus anciens de la partie occidentale de la Corse et ils auraient été implantés par Padovano Croce propriétaire de Giardino au XVIIIe siècle. Il aurait réintroduit les oranges à partir d’arbres donnés par un religieux de Marcassu plants venus du Portugal. Selon Alexandre Araman, les oranges d’Aregnu ont servi à l’implantation de l’oranger dans d’autres communes de Balagne. Il mentionne le jardin Arena de L’Ile‑Rousse. Ces éléments n’ont pas pu être vérifiés. Des oranges ornent la statue de Sant’Antone Abbate.